Amande de karité : comment les femmes de la Kara bâtissent une économie rurale durable
Retour aux actualités
Amande de karité•12 juin 2026•7 min

Amande de karité : comment les femmes de la Kara bâtissent une économie rurale durable

RT
Pôle Impact Social & TerroirsCoordination Régionale Kara
Niamtougou, Togo

De la cueillette matinale dans les parcs arborés de Niamtougou jusqu'au conditionnement du beurre pur, les femmes rurales constituent le pilier indissociable de la filière de l'or blanc togolais.

Points clés à retenir
  • Plus de 1 200 femmes rurales sont mobilisées au sein du réseau de coopératives appuyé par RIGA-TOGO dans la Région de la Kara.
  • La collecte préserve un équilibre écologique séculaire : l'arbre à karité (Vitellaria paradoxa) n'est jamais coupé, ses fruits sont récoltés à maturité naturelle après leur chute.
  • L'activité génère des flux financiers directs réinvestis prioritairement dans l'éducation des enfants, les soins de santé et la sécurité alimentaire des foyers.
  • La structuration coopérative transforme un travail autrefois solitaire et précaire en un véritable statut de cheffe d'entreprise rurale reconnue.

L'aube dans les parcs à karité : un savoir-faire millénaire

Chaque matin dès 5 heures, dès les premières lueurs du jour en saison des pluies, les sentiers de terre rouge de la Région de la Kara s'animent. Des centaines de femmes rejoignent les parcs agroforestiers naturels où poussent librement les arbres à karité centenaires (*Vitellaria paradoxa*). Cette cueillette respecte une règle immuable : les fruits ne sont jamais cueillis directement sur l'arbre, mais patiemment ramassés au sol après leur chute naturelle, gage d'une maturité optimale de la pulpe et de l'amande.

Ce travail physique exige vigilance et endurance. Les femmes parcourent quotidiennement plusieurs kilomètres pour réunir les précieux fruits verts, qu'elles transportent ensuite dans de grandes cuvettes jusqu'aux villages. Ce geste ancestral, transmis de mère en fille depuis des générations, constitue le point de départ indispensable de toute l'industrie du karité.

De la pénibilité individuelle à la solidarité coopérative

Pendant longtemps, ce travail demeurait invisible et sous-rémunéré. Isolée, chaque collectrice devait gérer seule le dépulpage, la cuisson artisanale, le séchage au sol et la vente immédiate pour subvenir aux besoins quotidiens. L'intervention de RIGA-TOGO a permis de réorganiser cette dynamique autour de groupements solidaires et de coopératives formellement constituées.

En mutualisant les équipements de dépulpage, en installant des claies de séchage surélevées communautaires et en organisant des plannings de ramassage tournants, les femmes ont considérablement réduit la pénibilité de leur labeur tout en multipliant leur productivité.

« Être en coopérative avec RIGA-TOGO a changé notre statut dans le village. Nous ne sommes plus seulement des ramasseuses qui attendent les marchands ambulants : nous sommes des partenaires qui gèrent des stocks, contrôlent la qualité et décident ensemble. »
Mme Bernadette MazaloMembre du bureau de coordination des femmes productrices de Pagouda

L'effet multiplicateur sur la famille et la communauté

Toutes les études socio-économiques le confirment : lorsqu'une femme rurale augmente ses revenus réguliers, plus de 90 % de ces gains sont directement réinvestis dans le bien-être de sa famille. Les revenus issus des campagnes d'amandes et de beurre de karité permettent de financer :

Les retombées directes mesurées dans les communautés partenaires :

  • La scolarisation continue des jeunes filles et des garçons (frais de scolarité, tenues et manuels payés à temps).
  • L'accès aux soins de santé primaires et la constitution d'un fonds de secours médical au niveau du village.
  • Le financement des intrants et semences pour les cultures vivrières familiales (maïs, sorgho, igname, niébé).
  • Le renforcement de la cohésion sociale et de l'écoute des femmes dans les prises de décision coutumières.

Gardiens de la biodiversité et de l'arbre protecteur

Au-delà de l'économie, les femmes sont les premières sentinelles environnementales des savanes arborées du Nord-Togo. Elles protègent les arbres à karité contre les feux de brousse tardifs et les coupes illégales de bois pour le charbonnage. En valorisant économiquement chaque arbre vivant, RIGA-TOGO et les coopératives créent le plus puissant rempart écologique contre la déforestation et l'avancée de la désertification.

1 200+

Femmes rurales fédérées et accompagnées dans la Kara

100%

Des fruits collectés issus d'arbres sauvages protégés sans pesticides

15+

Villages et cantons impliqués dans le programme de valorisation

Tags :#Femmes rurales#Autonomisation#Économie solidaire#Région de la Kara#Biodiversité

Partager cet article

Partagez cette analyse avec votre réseau agricole ou commercial.

RT

Pôle Impact Social & Terroirs

Coordination Régionale Kara

Pôle Rédaction & Expertise Terrain RIGA-TOGO — Engagé aux côtés des coopératives de productrices et transformatrices au Togo.

RIGA-TOGO SARL U — Lomé & Région de la Kara, Togo

Pour aller plus loin

Dossiers & analyses recommandés

Toutes les actualités

Un projet d'approvisionnement ou de partenariat ?

Échangeons sur vos besoins en amandes ou beurre de karité, et sur les opportunités de collaboration au Togo.

Nous contacter